The Guardian tente le pari du journalisme participatif

Le quotidien britannique The Guardian met une fois de plus l’accent sur le numérique en s’essayant, depuis quelques semaines, au crowdsourcing. Objectif : faire participer le lecteur au processus de fabrication de contenus et, par conséquent, nouer le dialogue entre internautes et journalistes.

Un agenda ouvert à tous

Pour faire collaborer son lecteur, The Guardian n’hésite pas à ouvrir sa « newslist » aux yeux de tous. Cet agenda, actualisé et reporté dans un blog prévu à cet effet après chaque conférence de rédaction, présente la liste des différents sujets du journal à venir. Chaque internaute peut alors y accéder librement et connaître le contenu des éditions futures. Tel un journaliste en herbe, il ajoute des éléments, amène des suggestions ou contredit l’information via Twitter.

Une idée osée qui peut, à première vue, dans un univers concurrentiel rude, pousser au vice les journaux voisins. « La première réaction dans le milieu a été de dire que c’était insensé, que la concurrence allait voir tout ce qu’on faisait », a commenté le chef du service sciences James Randerson à l’AFP. « Mais nous n’avons pas eu de problème de vol de sujets […] et nous ne mettons pas les informations sous embargo sur cette liste » (Source : cyberpresse.ca).

Un exemple de la NewsList du 12/01/11.

Un panneau publicitaire virtuel

Mais ce n’est pas tout. The Guardian a également lancé en Décembre dernier « nOtice« , une plateforme participative d’information locale, de petites annonces et de géolocalisation. Pour l’instant en version bêta et accessible seulement sur invitation, nOtice est « un endroit où vous pourrez partager des informations, poster des détails sur des événements à venir ou prévenir les autres que vous avez quelque chose à vendre où à partager […] tout comme un tableau d’affichage traditionnel” indiquent les FAQs du site internet.

Page d'accueil de n0tice.

Page d'accueil de n0tice.

Accessible aux entreprises tout comme aux particuliers, nOtice a la particularité de pouvoir cibler une zone géographique précise. L’utilisateur peut, en effet, choisir l’étendue de population qui pourra voir son message. Le service est gratuit mais un usager voulant placer son annonce en tête du site pour un lieu donné devra payer 1£ (1,14€) pour une journée. Mais dorénavant, les internautes qui décident de poster une annonce vont avoir la possibilité d’être rémunérés à hauteur de 85% des revenus générés par les publicités de la page. Les 15% restants sont destinés au Guardian, d’après EditorsWeblog. De plus, une option est prévue afin que l’utilisateur puisse, s’il le souhaite, verser l’argent gagné à une œuvre de charité.

Pour Sarah Hartley, cofondatrice du site, nOtice « est un projet pour partie expérimental, et nous allons l’utiliser pour suivre l’évolution des usages en matière d’information local, de mobilité et de construction de communauté. [Il] repose sur la géolocalisation en temps réel. La plupart des gens sont équipés de smartphones, désormais, et c’est en mobilité qu’il faut concevoir tout ce qui a trait à l’information locale. Le quotidien, ce sont des déplacements. »

Tout miser sur le numérique, attirer les internautes en les faisant participer à la fabrication du journal, parier sur l’hyperlocal, créer une proximité entre lecteurs et journalistes… Tant de moyens pour combler les pertes économiques du Guardian qui s’évaluaient à plus de 37 millions d’euros en 2010.

[Plus d’informations sur les initiatives numériques du Guardian ici (datajournalism), ici (appli facebook), ici (TagBot) ou encore ici (appli iPad) et plus généralement sur les raisons d’un tel changement .]

À propos de Coralie Horgue

- Étudiante à l'école de journalisme de l'Université Lumière Lyon II - Je fais un stage de 4 mois en Belgique, à Tournai, dans l'édition NordEclair de la société de presse écrite SudPress. - Attraits : presse satirique, grands reportages.

Publié le 12 janvier 2012, dans Uncategorized, et tagué , , , , . Bookmarquez ce permalien. 7 Commentaires.

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